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Concours IFSI Toulouse Rangueuil 2014 : Nos enfants, ces mut@nts

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Concours IFSI Toulouse Rangueuil 2014 : Nos enfants, ces mut@nts

Message par Mielliki le Mer 9 Avr - 0:29

Nos enfants, ces mut@nts


Dès le berceau, ils passent une partie de leur vie devant les tablettes, ordinateurs, et autres smartphones... quel impact sur leur développement ? Enquête.
Une révolution à l'échelle de l'humanité

Sans qu'on en prenne la mesure, les premiers temps de la vie ont subi en quelques années un bouleversement inouï. "Une révolution à l'échelle de l'humanité, comme le dit le psychiatre Boris Cyrulnik. Plus rien ne sera comme avant. Nous avons devant nous de véritables mutants." Les petits d'hommes, échographiés en 3D avant leur naissance, ouvrent aujourd'hui les yeux dans un univers numérisé. Autour d'eux, partout, des écrans, tablettes, ordinateurs, smartphones, jeux vidéo, dans lesquels ils plongent avec délice, souvent même avant de savoir parler. Dès leur entrée à l'école, ils passeront en moyenne cinq heures quotidiennes avec eux. Au collège, ils auront tous un portable avec lequel ils enverront, dans une novlangue de leur cru, en moyenne 83 SMS par jour : "Takacroir !"...

Comment croire justement que ces fascinants doudous modernes n'aient aucune influence ? Au risque d'apparaître ringard ou passéiste, on ne peut s'empêcher de se demander ce que deviendront ces petites têtes nourries au virtuel ? Et ces ados sous "ecsta-numérique" ? Quel peut être l'impact de ce nouveau monde sur leur développement, leur intelligence, leur façon d'être et de penser ?

Aux Etats-Unis, pro et anti-numériques se déchirent

Aux Etats-Unis, en Europe du Nord, depuis quelques années déjà, pro et anti-numériques se déchirent à coups d'argumentaires souvent baignés d'idéologie. Les premiers regardent, bluffés, ces "digital natives", comme les a appelés, dès 2001, l'essayiste américain Marc Prensky tellement plus curieux, vifs, fluides, rapides. Soyons confiants, disent-ils, les révolutions technologiques ont toujours suscité des angoisses. Jadis, Socrate s'inquiétait des ravages de l'écriture sur la mémoire des peuples... L'histoire est en marche, inéluctable certes. Mais quelques esprits libres ne peuvent s'empêcher de s'interroger.

Il faut réaliser que ce que l'on vit aujourd'hui est comparable au changement climatique. Et les enfants sont en première ligne. Lorsqu'ils surfent sur le Net, jouent en réseau, leur cerveau en construction est exposé à une activité trop intense qui perturbe leur développement."

Difficulté à se concentrer, à communiquer avec les autres, à se projeter, baisse de l'empathie seraient les symptômes d'une génération de zappeurs élevés en 3D. Dans "The Shallows : What the Internet Is Doing to Our Brains" (traduit, aux éditions Robert Laffont, sous le titre : "Internet rend-il bête ?"), en lice l'an dernier pour le prix Pulitzer, le journaliste américain Nicholas Carr fait le même diagnostic. Et prédit même, après un siècle de progression de l'intelligence - le fameux effet Flynn (1) -, une baisse du QI. Elle serait, selon lui, déjà observée en Grande-Bretagne et en Norvège, deux pays convertis précocement à internet et aux smartphones.

L'outil qu'on utilise imprime l'organe de la pensée

Le professeur Olivier Houdé en rédige actuellement les grandes lignes, à la Sorbonne, dans le silence de l'ancien bureau lambrissé d'Alfred Binet, père des tests de QI. Comment se forme l'intelligence ? La question passionne depuis toujours cet ancien instituteur belge, diplômé en neurosciences, directeur au CNRS du Laboratoire de Psychologie du Développement et de l'Education de l'Enfant. A l'orée des années 2000, il s'est naturellement intéressé à l'influence des écrans sur les premiers temps de la vie. C'est dans ces années cruciales que se forme le cerveau. Il est alors particulièrement plastique, fragile, hypersensible à tout ce qu'il voit, touche, ressent, comme l'ont établi les chercheurs en neurosciences. "Les neurones, générés avant la naissance, vont se connecter durant cette période, puis connaître un regain d'activité au moment de la puberté. Les réseaux, les autoroutes par lesquelles circule l'information, vont se former en fonction de l'environnement du sujet. On le voit bien chez les petits délaissés par leur mère, les circuits sont altérés", explique Jean-Pierre Bourgeois, directeur de recherche à l'Institut Pasteur. De nombreuses études menées sur les violonistes ou les pianistes démontrent que l'outil qu'on utilise imprime l'organe de la pensée.

De même, le temps passé devant les écrans laisse forcément une trace dans le cerveau du petit d'homme."

"Après l'invention de l'imprimerie s'est développée à grande échelle une intelligence réfléchie, linéaire, lente, cumulative. Avec l'écran, on est dans un nouveau mode : fluide, rapide, fragmenté, automatique. Ce sont plutôt les régions postérieures du cerveau, les parties visuelle, sensorielle, l'intelligence élémentaire, qui sont activées, indique Olivier Houdé. On sollicite moins, ou trop rapidement, le cortex préfrontal, la partie la plus noble, que l'on appelle parfois "l'organe de la civilisation", siège de la synthèse personnelle, du recul, de l'abstraction. Sans être catastrophiste, il y a là quelque chose qui risque de modifier l'intelligence humaine."

Ces écrans si séduisants peuvent induire des comportements addictifs

Tout dépend, évidement, du temps passé devant l'écran, de la présence ou non d'un adulte aux côtés de l'enfant, de la nature de ce qu'il regarde. Des études ont montré que certains programmes éducatifs peuvent accélérer l'apprentissage de la lecture, que des jeux vidéo améliorent même l'attention sélective et la capacité de contrôle. A condition de savoir les consommer avec modération. C'est tout le problème : ces écrans si séduisants peuvent induire des comportements addictifs. Le pédopsychiatre Jean-Luc Martinot, directeur de recherche à l'Inserm (2), a cosigné une étude européenne menée dans des collèges allemands : "On a remarqué chez les adolescents passionnés de jeux vidéo (derrière leur écran plus de neuf heures par semaine) une augmentation du volume d'une partie centrale du cerveau, le striatum, liée au système de récompense. On peut dire que ces jeux vidéo stimulent l'une des zones les plus primitives du cerveau, vers laquelle convergent les informations venues du cortex." On a aussi constaté que les joueurs, comme les grands utilisateurs d'internet, sécrètent, devant l'écran, un puissant psychostimulant, la dopamine, comme les accros au tabac, à la cocaïne, à l'alcool, aux jeux d'argent...

Courir, sauter, voler d'un coup de joystick...

"Eh oui, désormais la défonce est aussi numérique et cela commence tôt, note Roland Jouvent, professeur de psychiatrie à la Pitié-Salpêtrière. Les enfants d'aujourd'hui sont plus richement stimulés que les générations passées." Ils ne font plus seulement l'expérience de la marche avec leurs jambes, ils peuvent courir, sauter, voler d'un coup de joystick. "Moi, je fais cinq sports, du foot, de la natation, du golf, du tennis, du hockey", se vantent les petits garçons, avant de préciser que s'ils transpirent... c'est sur leur Wii. "Pour nos mutants, il paraît de plus en plus dérisoire de jouer aux petites voitures quand, sur l'iPad, ils peuvent conduire une Ferrari en 3D, remarque Roland Jouvent. Les stimulations externes remplacent peu à peu les stimulations internes." L'enfant shooté aux écrans est, selon lui, forcément moins incité à faire travailler son corps et son imaginaire, à produire ses propres images mentales, pour se faire plaisir, supporter des périodes de souffrance ou de frustration. Il deviendrait, au fil du temps, de plus en plus dépendant de ses paradis numériques artificiels.


Par Sophie Des Deserts, Le Nouvel Observateur, 27.10.2012

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